Stèles

(après les stèles de Segalen)

de Nicolas Benoît

ICI, l’homme

Narcisse à sa fenêtre
Se mire dans les étoiles
Un paysage champêtre
Compose le fond de toile

Jamais il ne se lasse
Dans les cieux de se voir.

Son petit vasistas
Devient l’observatoire
D’un monde dont il est roi
D’un moule dont il est maître

Et d’où des images de soi
Petitement il fait naître.

Sidonie

Si dans cette allée, Sidonie est passée
Si sur ce pavé, son soulier s’est posé
Passant tu dois savoir pour la postérité
Qu’en ces lieux une soirée, Sidonie fût aimée

Au dragon de l’appartement

Colocataire gênant tu as pris toute la place
Mon plus petit vêtement est marqué de ta trace
Et durant des années accaparant l’espace
Tu as su grandir m’enfermant dans une nasse.

En luttant contre toi, j’engage le combat
Qui, un jour de printemps, adulte me rendra
Et attendant confiant le jour de ton trépas
J’érige cette épitaphe pour que je n’oublie pas.

Sauter, entre ciel et terre ; Tourner, entre humains AnneTeresa De Keersmaeker

Dates à venir

24-26 octobre 2022

Fabrica

Bulletin de l’Atelier

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