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Des ateliers ¦ Osons l’écrit

D’abord un lieu de création

- Ca m’est difficile d’écrire, c’est pour ça que ça m’intéresse.
Michel Butor

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Pour participer à mes ateliers d’écriture, il suffit d’avoir le désir d’écrire. Ils sont accessibles à tous. Bien au contraire !

Voir le week-end Découverte et les week-ends Exploration

Tout est question de désir, de plaisir, de travail, d’apprentissage, de sensations, d’émotion. Il y a toujours une peur derrière le désir d’écrire, un trac. Et on écrit toujours à quelqu’un, une adresse ; une personne réelle, ou imaginaire, quelquefois soi.

Vous vous vous intéressez aux mots, aux phrases, vous voudriez vous lancer, laisser une trace, partir en quête, ou simplement vous amuser, gagner en confiance, approfondir le travail du texte, vous aimez la musicalité, raconter des histoires, vous voulez construire…

Mes ateliers d’écriture, c’est un accompagnement vers l’émotion, la fabrication et l’autonomie.

C’est se retrouver en groupe de 5 à 10 personnes autour d’une grande table, avec un petit jardin à disposition. Chacun travaille sa propre écriture tout en partageant avec les autres ses doutes, ses interrogations, ses richesses, ses ressources, ses ruses. De mon côté, je m’appuie sur des textes de la littérature pour faire traverser des formes, des manières de structurer un texte, par exemple le dialogue, le monologue intérieur, l’anecdote… Des personnages apparaissent, des lieux, des coeurs, le monde créatif de chacun se met à vivre et vibre.

Ecrire avec d’autres, travailler sa propre écriture avec des préoccupations identiques ou différentes, c’est ce qui fait toute la richesse d’un groupe. Dans le respect, l’écoute, une démarche constructive et la bienveillance. On écrit comme on est.

On s’appuie sur l’héritage, disponible à tous, de la littérature au travers des siècles. Il existe des centaines de formes sur lesquelles on peut s’appuyer, venant d’auteurs qui, récemment ou en leur temps, ont fait avancer le fait d’écrire par leurs quêtes, leurs recherches, s’appuyant eux aussi les uns sur les autres pour avancer, trouver comment dire, partager, découvrir, exprimer, ce qu’ils ont à vivre par cet art. C’est ce qu’on appelle l’intertextualité.

Écrire comme la pratique d’un art, comme ce serait dans un atelier de peinture, de dessin, de sculpture, de musique… Se découvrir devant le fait d’écrire. Découvrir ce qu’on peut faire, car on ne sait pas ce qu’on est capable de faire. Découvrir comment se fait le premier élan pour soi, le premier pas, comment ça se poursuit, comment ça s’arrête, comment on aime telle ou telle partie de ce qu’on a fait, ou pas, tel moment que l’on traverse.

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Tous types de « genre » se côtoient dans le groupe (narration, poésie, roman, nouvelles, fragments…) selon ce que produit chacun, là où il en est. Le travail en est d’autant plus riche. On ne fait de retours que sur les textes, jamais sur les personnes. On est là pour construire et on s’appuie sur ce qui marche.

La publication aussi est une autre histoire. C’est celle d’un autre métier, d’autres personnes, les éditeurs. Si elle arrive un jour, tant mieux. Nous, notre métier est d’écrire, écrire.

Un accompagnement constructif

« Ne cherchez pas à être meilleur que ceux qui vous précèdent, ne cherchez pas à être meilleur que vos contemporains, cherchez donc à être meilleur que vous-même », dit Faulkner à un de ses élèves.

Nous expérimentons auprès des auteurs ce qui peut aider chacun d’entre nous à trouver ses propres ressources, là où il en est, dans sa propre pente et par ce qui résonne de leurs travaux qui nous sont des outils, par ce que nous apprenons de leurs recherches qui nous ouvre les yeux et les oreilles.

Chacun ainsi s’échappe dans la création, au-delà du logique et du rationnel, se côtoyant les uns les autres par les textes, les retours, les questionnements.

On s’essaie, on apprend, à faire des retours, des feed-back, sur les textes de chacun. Peu à peu, c’est l’univers de chacun qui prend forme. On est là pour construire, on repère ce qui marche ; on travaille uniquement sur les textes, jamais sur les personnes ; de ces deux choses, je me porte garante. statue_of_liberty_in_parisOn travaille ensemble dans le respect de chaque écriture individuelle. On apprend à repérer ce qui fonctionne dans un texte, comme on repère les pierres qui dépassent pour traverser un gué ; rien ne sert de repérer celles qui sont sous l’eau. C’est la qualité de l’élaboration qui guide. La pédagogie est positive, constructive.

Il n’est pas question non plus d’une « école d’écrivains. » Il permet à chacun d’explorer vers où le conduit son désir d’écrire et comment chacun s’y prend dans l’ampleur de ce qu’il est.

Le bleu des turbans des hommes du désert signe à quel point l’art, ici couleur, nous est aussi vital que l’eau et la nourriture.

Le travail s’installe d’abord dans l’exploration du module 1, puis se déploie vers des textes plus longs l’année suivante en module 2, avant d’un retour à l’autonomie en module 3.

Voir le calendrier des année 1, année 2, année 3

Comme la pratique d’un art,
comme des artistes, comme si on était des écrivains

Un espace de création

De l’idée à l’objet, du désir à l’acte, la création est un espace, l’écriture créative comme une pratique artistique

Alain est gendarme à la retraite : « Françoise, pendant ce stage, j’ai trouvé la clef de mon écriture : c’est l’émotion. »

Effectivement, le coeur est là, le noyau : on n’explique pas, on ne commente pas, ce qu’on fait souvent par peur de ne pas se faire comprendre, on donne à voir, à sentir. On biffe les commentaires et on ne laisse au texte que ce qui fait sentir, voir, goûter, sentir deux fois, toucher : on transmet l’émotion. Elle est pure, nette, la place est au lecteur qui se fera lui-même, ou pas, son opinion, ses commentaires, à sa façon, qui sera lui-même ému, au travers de son propre corps par ce qui « passe » à travers le texte.

L’écriture passe par le corps

Un jeune japonais, Toshiro, poète à la recherche de sa poésie à travers le monde et les langues, les cultures, participant de l’atelier d’exploration poétique, nous expliqua ainsi sa conception de l’écriture de haïku (les haïku sont des petits poèmes japonais, de tradition très ancienne, de trois vers très courts, dans lesquels, dit-on par exemple en occident, le lecteur est censé ressentir à la fois l’esprit du temps qui passe que le temps lui-même, un instant fixé, suspendu, serti autour de, une émotion, une sensation, quelquechose de très ténu et fugitif, qui a souvent trait à la nature). Toshiro nous dit :

« L’écriture de haiku, en 3 vers, c’est
1
2
3
4 pour le lecteur. »

Et bien cette ouverture, du « 4 pour le lecteur », ce qui n’est pas écrit mais qui se sent, est tout ce qui se travaille pour nous, partout, dans le moindre texte, le moindre paragraphe, la moindre phrase ; le moindre mot même, peut-être.

L’écriture est émotion

Le travail de la création littéraire, de l’apprentissage créatif, passe donc avec nous par la clef de l’émotion, par laquelle il s’agit de découvrir, mettre en œuvre et développer ce qui pousse à écrire « quoi « , « à qui « et « comment » ; autrement dit qui parle, dit quoi à qui, et comment. L’expérience montre que les résultats de ce travail se transposent d’eux-mêmes vers tout autre type d’écriture, personnel ou professionnel. Elle dévoile aussi un effet identique directement sur la personne. Monique, 3 ans après son passage de 3 ans en atelier, plus des stages, me dit en deux mots ce qu’elle retient pour elle-même de ce passage : « C’est chercher à être soi ; c’est toute une vie ! »

En effet, outre cette connaissance, implicite au travail du texte donc du langage, en particulier par la recherche de cette fameuse « place du lecteur », c’est aussi la découverte de la vie d’un groupe autour de la création littéraire qui nous donne de nombreux outils pour aborder l’autre, ses manières d’être, d’entendre, de comprendre, de percevoir, chacune différente et différente des siennes.

Le cadre en est clair, uniquement tourné vers le texte, et jamais sur la personne (même s’il y a un « je » dans le texte, ce n’est pas la personne, c’est déjà une construction, un personnage, un « autre »), dans un espace où l’on repère d’abord ce qui tire vers la construction, vers la création, ce qui « marche » (ce qui ne marche pas, ensuite, tombe tout seul), un peu à la manière d’un gué où l’on repère, pour traverser, les pierres qui dépassent. Le but fondamental ici est d’abord l’écriture de chacun, unique, différente, de donner finalement à chacun, en bout de parcours, le maximum de moyens pour se bâtir, chacun à sa manière, dans sa vie et dans sa tête, son propre atelier d’écriture littéraire (comme se crée un atelier de peinture, de sculpture ou de musique.)

On écrit toujours à quelqu’un.

Ecrire est un outil, une traversée, un apprentissage

ressources d'écritureUne séance dure entre trois heures et trois heures et demi. Une proposition, ou suggestion, ou incitation, d’écriture, oriente et lance le désir d’écrire à travers une forme littéraire donnée (en cela, il n’y a pas de « hors sujet » puisqu’il ne s’agit pas d’un sujet ni d’un thème, mais d’une forme, littéraire, à travers laquelle peuvent passer des milliers de sujets, donc autant, à chaque fois, que de participants) et ceci en liaison avec la séance précédente. Puis l’on écrit (pas moi) et des retours, des remarques sont faits sur les textes qui sont lus par chacun à haute voix. Faire des remarques, cela s’apprend, et l’on apprend donc aussi à devenir lecteur, des autres, de soi-même, puis de toute la littérature.

Un groupe est constitué de quatre à douze personnes. Le déroulement de mon accompagnement est une progression en trois degrés : « Exploration », où l’on (re)découvre sa propre écriture ; « Projet », où l’on aborde la question du projet long, selon les personnes écriture longue ou poétique ou fragmentaire ; « Création » pour la constitution de son propre atelier chez soi. Le rythme est, au choix, d’une soirée par semaine ou d’un week-end par mois, le tout sur 9 mois.

J’organise aussi des stages : week-end Découverte, Ecriture de nouvelles, 5 Jours, Voix de l’auteur : structures au-delà de la narration, 5 jours, Architecture d’un objet littéraire : textes, recueils, 5 jours, Exploration poétique, 2 fois 3 jours.

En fin de parcours des trois ans d’ateliers réguliers, le groupe « Travail du texte » aide à ce que la vie d’un groupe puisse continuer en devenant autonome, s’installer, perdurer autour des élans et désirs de chacun en matière de conduite, de remarques sur les textes produits chez soi et distribués. Cet atelier travaille aussi sur des compte-rendus de lectures de livres sous l’angle de leur construction, fabrication, structure externe (apparente) et structure interne (sous-jacente), fournissant ainsi à chacun toujours de nouveaux exemples et de nouvelles idées de ce qu’il est possible de faire et comment.

On prend conscience au fil des ateliers de l’importance pour chaque individu et du privilège de disposer autour de soi de lecteurs, des vrais, qui ont appris à lire et à entendre les textes, donc à les travailler en détails et en général, et à porter regard, remarques et reconnaissance, indépendamment d’une contingence de publication, sur leur entrée en littérature, en objet littéraire, en création.

Essayer d’être soi

Au fil de l’atelier, le travail d’écriture créative tisse des fils au travers du réel, de l’imaginaire, de la mémoire et du symbolique, en faisant traverser des formes littéraires par lesquelles on s’exerce soi-même dans son propre texte. Accompagné d’autres présences, on se retrouve à des endroits de son écriture où l’on ne serait peut-être pas allé, du moins si vite, tout seul. Il n’est pas question de « niveau » d’écriture, chacun entre dans l’atelier, là où il en est.

Sont abordés avec nous, durant trois degrés, « Exploration », « Projet », « Création », l’apprentissage aussi bien des formes brèves que longues, par exemple par le travail de notations, description, l’écriture de trajet, le travail du dialogue, l’écriture poétique, la question du point de vue (qui parle et d’où ça parle), ou celle du rapport à l’illustration (tableaux, photos), ainsi que les ingrédients de structure d’un projet long d’écriture, récit, roman, nouvelle, ou recueil de fragments ou poésie (monologue intérieur, conversation, dehors-dedans, passage d’une tête à l’autre, etc).

Ceci se déroule avec le support d’extraits de textes de ce que l’on appelle les chercheurs en littérature, depuis Rabelais en son temps jusqu’à Laurent Mauvignier actuellement, en passant par Joyce, Faulkner, Proust, Flaubert, Beckett, Duras, Sarraute et tant d’autres, dont certains moins connus.

Sans cesse la question de la forme est-elle ramenée au fond, par le biais d’une exploration intérieure de l’écriture qui est une matière. Sans cesse s’agit-il de trouver le mot juste et la place juste du mot, en toute rigueur, à travers les universaux du travail du texte (enlever-couper, ajouter-coller, déplacer-remplacer ; validité d’un adjectif, d’une explication ou d’un commentaire), pour que passe dans le texte écrit le sens, la sensation, la pensée, l’émotion transformée.

Le coeur de l’atelier : le travail du texteBrouillon Flaubert - L'education sentimentale - Copie

Donner à voir, donner à sentir, travail du texte sont chez nous les maître-mots dans la recherche de l’écriture de chacun. Ce travail conduit dans le texte à la constitution de la « place du lecteur » qui se revendique d’elle-même par ce que dit le groupe sur les textes écrits qui sont lus par chacun ; elle se constitue peu à peu chez chaque individu par cette présence même du groupe qui réagit à la lecture des textes.

Faire des retours, des « remarques » au sens du langage maritime, points remarquables que l’on repère et relève pour se diriger, cela s’apprend. Sous mon regard et ma vigilance, il ne doit s’agir ni de destruction, ni de dérive incontrôlée en un atelier thérapeutique. Ma seule grille de « lecture » pour mener le travail du groupe et de chacun est le texte et le texte seulement, son travail ; ma seule référence et mon seul point d’appui ne sont pas les personnes mais les textes ; ce que les personnes produisent.

Ma manière de mener des ateliers d’apprentissage créatif de l’écriture littéraire, outre la littérature et ma propre expérience d’essayer d’être écrivain, s’appuie sur mes connaissances issues de la pratique pendant dix ans du métier d’ébéniste (dont trois ans de compagnonnage) puis de dix ans en tant qu’ethnologue auprès d’Eric Gallais (Laboratoire Ethnologie et Technique de l’Université Paris 7) puis par ma position pendant cinq ans d’assistante d’Elisabeth Bing (à l’origine du mouvement fondateur des ateliers d’écriture en France depuis 1969), le tout allié à la pratique continue d’une psychanalyse.

D’un côté le travail d’une matière, le bois, son assemblage, sa sculpture, sa construction, de l’autre la recherche de ce qu’il y a dans la tête de l’autre comme dans la sienne, et dans sa vie, rejoignent d’emblée la question de l’écriture créative, de son travail, de l’apprentissage et de la création.

Des livres publiés ont porté reconnaissance éditoriale de ma propre qualité d’écrivain (je ne pourrais pas faire ce travail si moi-même je n’écrivais pas.)

En écriture créative, le tout est de connaître les principales règles qui relèvent de la grammaire et de l’orthographe, pour ensuite comme en jazz les respecter ou pas. Il s’agit aussi de passer un contrat de lecture avec le lecteur, lui proposer un mode de lecture jusqu’au point de se faire comprendre. Ça peut être par la structure, c’est alors un contrat esthétique, ça peut être par la langue, c’est alors un contrat poétique.

Et sur cette base, la seule exigence et le seul repère sont la possibilité de partage (ou pas) avec le lecteur. On démarre de ses propres ressources, de ce qu’on sait ou qu’on a envie de faire, pour voir quand et comment, à partir de quoi, le lecteur comprend ce que je veux dire et vient prendre sa place.

Nous réfléchissons, organisons à la main, prenons des décisions à la seule force de l’écrit. Nous fabriquons possiblement notre chemin, prenons nos décisions, avec ce seul outil.

Ecrire apprend aussi à lire. Tous le disent, on découvre pourquoi on aime tel écrivain.

Emilia Ferreiro l’observe déjà en compagnie des enfants. Plus tard, adulte, il en est de même en continu. Écrire et lire sont les deux faces d’une même préoccupation, l’inscription, le texte, le sens, la forme. Ainsi de soi à soi, de soi à l’autre, on inscrit quelque chose du continu. Comment élaborer un texte, pour écrire, comment interpréter un texte, pour lire.

Les mots, sons, phrases, rythmes, points, point-virgules, paragraphes, syllabes, consonnes, voyelles, alphabet, ponctuation ou pas, la langue maternelle, langue étrangère, poésie langue de la mère. Les outils de la matière qu’on agence en grammaire, orthographe, mot, phrase, paragraphe… Et puis il y a le support, l’espace sur lequel ou dans lequel on écrit : l’écran, le papier, le mur, le tableau, la table d’argile, la tablette d’ordinateur… Et l’outil pour inscrire, écrire, différent ou pas des outils pour dessiner : stylo, bille, feutre, plume, clavier, crayon, stylet, doigt, pouce… Un écran n’est pas forcément un mur plat à 2 dimensions, ce n’est pas forcément seulement une métaphore du papier, seule la programmation impose ça. Il y a là aussi beaucoup à inventer.

Voir le calendrier des Echappées poétiques

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